Des Vaches pour l'émancipation des femmes
Depuis 1997, 183 vaches ont été distribuées aux bénéficiaires de nos programmes dans 7 villages. Cette expérience nous a permis de mesurer le formidable levier que constituait l'acquisition d'une vache pour une femme et sa famille. En effet, posséder une vache permet d'avoir une source de revenu, de constituer un capital et d'apprendre un métier.
Une
source de revenu régulier :
Groupées
en coopératives laitières, les femmes vendent le lait à
une laiterie d'état (13 Rps par litre, en 2012). Les deux
traites journalières produisent en moyenne sur l'année
5 litres de lait par jour en fonction de l'état de gestation
ou d'allaitement de la vache. Le lait leur assure ainsi un revenu
régulier d'environ 65 Rps par jours, auquel il faut soustraire 10 Rps de complément alimentaire pour la vache. Ce revenu est loin d'être
négligeable puisqu'il représente l'équivalent
d'environ une demi journée de dur labeur dans les champs. De plus, dans
cette région rurale, l'emploi n'est pas régulier. Il
dépend complètement des conditions climatiques. Dans
les périodes où la pluie est abondante, ils peuvent
travailler chaque jour. En revanche, pendant les périodes
sèches, ils ont du travail environ 3 jours par semaine. Dans
ce cadre, le fait d'avoir une vache est un facteur de stabilisation
très important. Notre expérience nous a montré
que le fait d'avoir une vache limitait l'exode rural.
Un capital : Dans certains cas (maladies, accidents ou mariage d'une fille), des femmes ont vendu des veaux et parfois même la vache. Grâce à ce capital, elles ont évité de recourir à des usuriers pratiquant des taux extrêmement élevés. D'autres femmes ont également vendu leurs veaux et leur vache pour acheter une maison et/ou un lopin de terre.
Etre responsable d'une vache et de la gestion d'une coopérative
constitue pour les femmes une réelle émancipation
Apprendre un métier : Au-delà de l'amélioration de leurs conditions de vie, ce projet est l'occasion pour ces femmes, d'être formées, d'avoir un travail quotidien, de s'organiser et d'échanger entre femmes au sein du village.
Changer les mentalités : Ces projets ont permis de faire évoluer les mentalités des femmes bénéficiaires qui sont devenues des actrices décidées de leur développement. Ils contribuent également à modifier le regard de l'administration et des communautés voisines à l'égard des femmes dalits. En effet, les femmes ont démontré que l'on pouvait leur faire confiance : elles sont capables de mener à bien un projet et de rembourser les prêts qu'elles ont contractés.