Intégration de 140 familles réfugiés du Tsunami dans la société indienne

(5 projets en quatre ans et demi)



En décembre 2004, de nombreuses familles réfugiées du Tsunami sont arrivées traumatisées et complètement démunies dans des villages de la zone d'action de notre partenaire le LMW (Liberation Movement for Women). Le LMW a sollicité immédiatement Sithadairy pour financer l'aide d'urgence pour ces familles (nourriture et biens de première nécessité). Avec l'aide des différentes autorités locales, le LMW soutenu par le PMD (People Multipurpose Development) a recensé les familles et hiérarchisé leurs besoins. Forts de leurs engagements sur le long terme vis-à-vis des populations très pauvres et notamment de la communauté des Dalits (Intouchables), le LMW et le PMD ont entrepris un programme de développement économique et social en plusieurs phases pour permettre à ces familles réfugiées du Tsunami et la population intouchable des villages qui les ont accueillis de devenir des citoyens à part entière de la société indienne.


Le LMW (association indienne d'aide au développement des femmes) s'est engagé auprès de 140 familles réfugiées du Tsunami, toutes appartenant à la communauté des Intouchables, pour leur permettre de devenir des citoyens à part entière. Pour cela, le LMW a entrepris un programme de développement économique et social à long terme pour ces familles. Ce programme peut être schématiquement divisé en 3 étapes répondant à trois objectifs : l'aide d'urgence qui permet la survie, l'acquisition d'un logement et d'une source de revenus qui permet de vivre dignement et enfin l'intégration de leur communauté dans la société indienne.



Objectif 1 : Aide d'urgence pour survivre


Début 2005, Sithadairy a répondu à l'appel du LMW et a financé de la nourriture et des biens de première nécessité, des nattes, des couvertures, de la vaisselle et des vêtements grâce à l'élan de générosité de ses donateurs. Le LMW a ainsi pu aider ces familles réfugiées du Tsunami, les recenser et hiérarchiser leurs besoins.

Début avril 2005, le premier objectif était atteint : les familles avaient le strict minimum pour redémarrer (vêtements, vaisselles, etc. …) ; elles étaient relogées par de la famille dans des conditions très précaires et devaient chercher par elles-mêmes les moyens de leur subsistance.

Financement Sithadairy pour la première étape d'aide d'urgence : 9 000 €.



Objectif 2 : De la survie à la vie

Acquisition d'une maison et d'une source de revenus pérenne


Lors de notre rencontre en Mars 2005 avec les réfugiés du Tsunami, nous avons décidé de rechercher des sources de financement de plus grandes ampleurs pour permettre à ces familles de vivre décemment. Sithadairy a présenté un premier projet à la Fondation de France pour reloger les 32 familles les plus démunies et leur donner une vache pour leur assurer une source de revenus pérenne. Devant la réussite de ce premier projet, la Fondation de France a soutenu nos projets suivants.


En Octobre 2008, le deuxième objectif était atteints, les 140 familles réfugiées du Tsunami avaient toutes pris un nouveau départ par l’acquisition d’une maison et une vache.

Financements propres à Sithadairy 10 000 € et par la Fondation de France 344 000 €.



Objectif 3 : De la vie à la reconnaissance sociale :

des structures communautaires pour devenir des citoyens à part entière


Pour le LMW et le PMD comme pour Sithadairy et la Fondation de France, les deux premiers objectifs sont fondamentaux et indispensables, mais dans le cas des communautés, comme celle des Intouchables, une autre étape est nécessaire : accéder à une insertion égalitaire dans la société Indienne. Cette dernière étape est essentielle non seulement pour les familles réfugiées du Tsunami, mais également pour l'ensemble de la communauté intouchable qui les a accueillies. En effet, les Intouchables vivent dans des conditions souvent très précaires, mais ils sont surtout toujours tenus à l'écart de la société indienne. Une réelle intégration de ces familles et de la population qui les a accueillies dans la société indienne nécessite donc la mise en place de structures communautaires.

En Juillet 2009, cette population a accès à 3 magasins subventionnés, 1 community hall pour se réunir et à des formations notamment une formation informatique de bon niveau.

Financement de la Fondation de France 100 000 €.



Qui sont ces 140 familles bénéficiaires ?


Ces 140 familles réfugiées du Tsunami sont toutes originaires de villages de la zone d'action de notre partenaire le LMW (Liberation Movement for Women). Ces personnes avaient quitté leurs villages depuis de nombreuses années pour trouver du travail sur la côte.


Avant, le Tsunami, la plupart travaillait comme journalier dans des professions s'exerçant sur la côte : pêche, hôtel ou restaurant, bâtiment. Certains des enfants étaient également obligés de travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Ils vivaient pour la plupart dans des huttes avec des toits en feuilles de canne à sucre. Ces huttes très sommaires ne résistaient pas bien à la mousson et surtout n'étaient pas reconnues officiellement comme des habitations. Or, seules les habitations reconnues permettent aux habitants d'un village d'obtenir des papiers officiels de résidents : la Ration Card. Ces personnes étaient de fait exclu du système social et c'est la raison pour laquelle ils n'ont pas pu prétendre aux aides gouvernementales consécutives au Tsunami.

Ces personnes ont tout perdu lors du Tsunami : leur logement, leur travail et parfois des êtres chers. De plus, après le Tsunami, des tensions fortes entre les différentes communautés sont apparues : les pêcheurs essayant de préserver leurs accès prioritaires aux aides gouvernementales, au détriment des Dalits (Intouchables) et des communautés tribales locales.

Ainsi, après le Tsunami, ces familles sont revenues dans leur village d'origine pour recommencer une nouvelle vie. Elles ont été accueillies et hébergées dans leur village d'origine par des membres de leur famille. Les membres d'une famille ainsi réunie devaient vivre le plus souvent à plus de 12 dans des maisons trop petites. Les réfugiés et les familles d'accueil ont donc du faire face à tous les problèmes liés à une trop grande promiscuité pendant presque 3 ans pour les dernières familles à obtenir une maison.


Ces 140 familles sont réparties dans 14 villages. Les parents essaient de travailler dur pour subvenir aux besoins de la famille. Ils sont pour la plupart des travailleurs agricoles. Pour les travaux agricoles, les hommes gagnent 70 Rps/jours et les femmes 40 Rps/jours (chiffre 2007). Leur travail dépend complètement des conditions climatiques. Dans les périodes où la pluie est abondante, ils peuvent travailler chaque jour. En revanche, pendant les périodes sèches, ils ont du travail environ 3 jours par semaine. Certains ont développé des activités complémentaires.


En s'appuyant sur divers responsables des villages d'accueil (élus des Panchayats et groupes d'entre-aide de femmes : Self-help group), notre partenaire, le LMW, a pu les identifier et hiérarchiser leurs besoins dans le temps en fonction de leur urgence.

A la fin du programme, ces 140 familles ont toutes obtenues une maison, 120 une vache et l’ensemble de leur communauté à maintenant accès à un community hall, 3 magasins subventionnés et à des formations à la couture et à l’informatique.