Les réfugiés du Tsunami n'ont pas un revenu fixe dans les villages, ils sont pour la plupart des travailleurs agricoles journaliers. Depuis leur retour dans leur village d'origine, ils sont devenus des journaliers agricoles. Pour les travaux agricoles, les hommes gagnent 50 Rps/jours et les femmes 20 Rps/jours. Avant le Tsunami, ces personnes étaient pour la plupart des employés journaliers qui travaillaient soit avec des pêcheurs, soit avec des maçons pour la construction, soit dans des hôtels ou des restaurants pour faire du ménage. Certains avaient des revenus plus importants.
Pourtant, toutes les personnes interrogées ont manifesté un désir très fort de rester dans le village. Les possessions d'une maison et d'une vache sont les éléments déterminants dans ce choix, mais d'autres facteurs viennent renforcer ce choix. A partir des témoignages que nous avons recueillis, nous avons défini un certains nombres de ces facteurs. Cette analyse est très sommaire dans la mesure où tous les membres de Sithadairy sont des bénévoles et qu'aucun n'a de base en sociologie.

Chaque bénéficiaire possède un droit de propriété de sa maison et de la parcelle de terrain de son implantation. Cette maison en brique avec un toit en dur leur permet d’améliorer grandement leur condition quotidienne de vie. Elle leur procure un refuge à l'abri des intempéries et supprime le risque d’incendie des toits traditionnels. Elle leur permet également de garder leurs biens et leur nourriture à l'abri de la mousson et du feu. Pour beaucoup, c'est la première fois qu'ils ont accès à des toilettes et à un endroit pour se laver. Ils partagent souvent ces latrines avec les membres de la famille qui les a accueillis. Elle leur procure un refuge à l'abri des intempéries. Pour beaucoup, ils ont accès pour la première fois à des toilettes et à un endroit pour se laver.
Le fait d'avoir une maison en dur leur donne le droit d'avoir une Ration Card attribuée par le maire du village qui leur permet de pouvoir acheter des denrées essentielles à des prix très bas. Cependant cette carte est beaucoup plus qu'une carte de rationnement dans la mesure où dans les faits, elle sert de carte d'identité. Cette carte est la preuve que la famille détentrice réside dans le village. Elle permet d'avoir accès aux différents programmes de développement. Sur cette carte est reporté le nom des différentes personnes vivant dans la maison. Elle leur donne donc le statut de citoyen à part entière.
En effet, les parents d'une famille ayant reçu une maison ne sont pas de simples bénéficiaires, ils ont participé activement à sa construction. Ils ont travaillé sous les ordres d'un maçon : cela leur a permis d'avoir un revenu journalier (50 Rps). La participation des bénéficiaires à la construction en ont fait des véritables acteurs.
Etre intégré dans un village présente des atouts non financiers très importants.
Tous les enfants sont scolarisés, ce qui n'était pas systématiquement le cas sur la côte. Cette scolarisation est une source d'espoir pour l'avenir de leurs enfants.
Ils sont entourés par des membres de leur famille qui les ont accueillis lorsqu'ils n'avaient plus rien et qui ont accepté de vivre pendant des mois dans des conditions difficiles. Après le Tsunami, ils ont été recueillis dans leur village d'origine par des membres de leur famille. Les membres d'une famille ainsi réunie devaient vivre le plus souvent à plus de 12 dans des maisons trop petites et sommaires. Les réfugiés et les familles d'accueil ont donc du faire face à tous les problèmes liés à une trop grande promiscuité. Toutefois, ce témoignage de solidarité leur donne certainement un sentiment de sécurité pour envisager l'avenir.
Ils auront accès plus facilement qu'ailleurs aux différents programmes de développement car leurs villages sont situés dans la zone d'action du PMD et du LMW. La grande majorité des bénéficiaires, par exemple, font déjà partie d'un Self Help Group.
Autres retombées économiques dans les villages du fait de la construction d'un grand nombre de maisons
Tous les maçons sont originaires des villages aux alentours et ils n'emploient que des personnes locales : des travailleurs sans formation et des membres de famille de réfugiés du Tsunami.
De plus, tous les travaux de menuiserie sont effectués par des personnes provenant d'un village très pauvre. Le centre du PMD a un atelier de menuiserie.
Ce projet a permis d'employer des conducteurs de chariot à bœufs pour amener de l'eau nécessaire à la fabrication du béton.
Ainsi, la construction des maisons a généré de nombreux emplois et a créé une dynamique importante dans les villages.